
Nous sommes à Phnom Penh depuis deux jours quand nous partons pour Prek Thmey. C'est la saison des pluies. Sous un auvent de bois, toute la famille de Srei Leak nous attend. Elle est plus petite et plus frêle que je ne l'imaginais. Sa mère, sa grand-mère et ses soeurs nous regardent, silencieuses, en souriant. Leur petite maison sur pilotis est au-dessus de nos têtes, en dessous il n'y a rien ou presque. Après les présentations, nous nous asseyons. Nous nous observons. Les cadeaux changent de mains, Srei Leak serre son ours, on nous offre du thé, et Monsieur Von traduit. La glace fond très vite. Mes vêtements apportés pour la mère de Srei Leak sont beaucoup trop grands mais cela n'a pas d'importance. Elle me parle en khmer, elle est fine et gracieuse dans son sarong. Nous leur montrons des cartes postales de Paris, nous racontons un peu de notre vie. La photo de Tikus notre chat, un magnifique chartreux plaît beaucoup.... Il nous a sans doute coûté plus que ce que le père de Srei Leal gagne en 6 mois en tant que conducteur de taxi-moto (motodop) ! Il est 7 heures, nous partons pour l'école avec Srei Leak, si jolie et bien coiffée, dans son petit uniforme impeccable, avec son nom brodé sur sa blouse en vichy bleu. Dès le portail franchi, Happy Chandara nous apparaît comme un havre de paix dans un océan d'injustice et de pauvreté. Des centaines de petites filles jouent, radieuses. Mon coeur se serre. Je suis émue et fière d'apporter ma petite pierre à ce très bel édifice
Cécile Bigeon, marraine de Sor Srey Leak
